RAUSCHENBERG (R.)


RAUSCHENBERG (R.)
RAUSCHENBERG (R.)

RAUSCHENBERG ROBERT (1925- )

Peintre américain, né à Port Arthur (Texas). Malgré les nombreuses polémiques suscitées par sa carrière, Robert Rauschenberg apparaît comme l’un des artistes les plus importants de la seconde génération de l’après-guerre américaine. Intégrant la réalité sociologique de la vie à la révolte physique de l’art gestuel, il marque la coupure esthétique entre l’expressionnisme abstrait et le pop art. Beaucoup plus lié avec les milieux de théâtre et de danse qu’avec les milieux picturaux, Rauschenberg participe aux premiers happenings et travaille avec les ballets de Merce Cunningham, puis de Paul Taylor. Il subit en outre fortement l’influence des musiciens: celle de Morton Feldman, d’Earl Brown et surtout de John Cage, qu’il rencontre en 1948 au Black Mountain College, où il suit l’enseignement de Josef Albers. Favorable à l’attitude fondamentale de Cage, qui, comme les surréalistes, affirme qu’il faut effacer la frontière entre l’art et la vie et rejeter les habituelles distinctions entre «les sons choisis et les sons accidentels», Rauschenberg déclare: «La peinture a ses rapports avec la vie et avec l’art. Ni l’un ni l’autre ne peuvent être fabriqués, j’essaie d’agir dans la brèche qui les sépare.» Conciliant l’esprit des collages cubistes, l’art de Schwitters, l’humour de Dada, et les gestes de l’action painting , Rauschenberg revendique l’équivalence de tous les matériaux et incorpore dans ses combine painting , mais sans aucune gratuité, toutes sortes d’éléments, rebuts ou déchets de la vie de tous les jours (Charlène , 1954, Stedelijk Museum, Amsterdam; Monagram , 1959, Moderna Museet, Stockholm). Assemblant des documents qui relatent des événements étrangers les uns par rapport aux autres, il les reproduit en sérigraphie, et fait la synthèse d’un climat sociologique et d’une étude de l’homme en face de la civilisation américaine. Homme de spectacle et de théâtre, Rauschenberg, qui ne se limite pas à l’art pictural, tente d’intégrer le temps à son œuvre et propose au public comme pour Solstice (1968, présenté à Documenta IV à Kassel) d’être à la fois matière picturale, acteur et spectateur. Poursuivant son travail sur l’imagerie de la culture de masse, il réalise des pièces de métal assemblées, posées au sol ou accrochées au mur, des collages, assemblages ou peintures sur acier inoxydable et, enfin, depuis les années 1990, la série des Roci (Rauschenberg Overseas Culture Interchange) à partir d’images venues de cultures et de pays très différents — Malaisie, Allemagne, Japon, Tibet, Chili, Venezuela, Cuba, Russie, États-Unis —, techniques mixtes sur les supports les plus divers.

Encyclopédie Universelle. 2012.